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"Le sabre ne sert plus
aujourd'hui
à couper un adversaire, mais à aller plus loin
mentalement, à s'efforcer
de comprendre le "goût" véritable
des arts martiaux."
Hiroo MOCHIZUKI |
Le Iaïdo (la voie de l'unité de l'être)
est l'art du dépouillement par excellence car un simple sabre
et quelques mètres carrés suffisent pour pratiquer
une vie entière. Mais cette apparente ascèse est en
fait l'art de la complétude. Ne faire qu'un avec soi-même,
avec son sabre et son adversaire imaginaire demande une longue et
rigoureuse pratique codifiée qui, quelles que soient les
écoles, s'articule toujours autour de trois actions:
1: dégainer (Nuki Tsuké), 2: couper (Kiri Tsuké),
3: rengainer (Noto Tsuké).
Seulement cela et rien de plus.
Le Iaïdo de l'école Yoseikan est constitué
de deux parties: Le Iaïjusu lorsque le sabre n'est pas dégainé
et le Kenjutsu lorsqu'il est dégainé.
Le Iaïjutsu se pratique seul, face à
soi-même et à un adversaire qu'il faut constituer mentalement
par le biais d'enchaînements de techniques codifiées
(kata). Le style de l'école Yoseikan est moderne, très
proche de notre escrime: les combattants ne portent pas d'armures,
rendant ainsi vulnérables les avant-bras. Les frappes lourdes
destinées à couper les protections sont par conséquent
inutiles. Dès lors, la mobilité et la protection du
corps deviennent prépondérantes.
Le Kenjutsu apporte les bases techniques du combat
à deux avec un sabre en bois (bokken). Cependant, les situations
restent codifiées et il n'y a pas de surprise, d'inattendu.
Une fois ces techniques de base bien comprises, il faut s'entraîner
à développer les réflexes nécessaires
pour parer aux surprises. C'est pour cela que nous pratiquons une
forme de combat libre avec une ou deux armes en mousse, ce qui permet
de frapper sans blesser.
Le combat a encore un autre intérêt:
il permet au pratiquant d'exprimer sa person-nalité, et c'est
alors seulement que l'art du sabre devient vivant.
L'expérience du combat permet de mener le
combat contre soi. L'adversaire est de niveau égal en Iaïdo
parce que l'adversaire, c'est soi-même. On cherche les défauts
de l'autre et on découvre les siens; on est alors obligé
de les corriger pour évoluer. Il n'y a pas de fin mais une
recherche permanente pour s'accomplir pleinement, pour unifier le
corps et l'esprit.
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